
💜🪨 Petit caillou atypique #130
Et si certains enfants avaient simplement besoin d’un autre chemin pour apprendre ?
Quand on parle d’école, beaucoup d’adultes pensent encore qu’il existe une manière ‘normale » d’apprendre.
Être assis.
Écouter.
Mémoriser.
Restituer.
Et pour certains enfants, cela fonctionne très bien.
🌸 Mais pour d’autres, notamment certains enfants neuro-atypiques, apprendre peut ressembler à tout autre chose.
Certains ont besoin de manipuler, d’autres de bouger, d’autres encore de comprendre le sens avant d’apprendre la règle, certains ont besoin de silence, d’autres d’hyperfocalisation, d’autres enfin apprennent mieux seuls… ou autrement et c est sans doute pour cela que différentes pédagogies et formes de scolarité ont émergé au fil du temps.
Montessori.
Freinet.
Steiner-Waldorf.
Classes flexibles.
Écoles alternatives.
Instruction en famille.
CNED.
Parcours hybrides.
Structures spécialisées.
Petites écoles expérimentales.
Toutes ne se valent pas, toutes ne conviennent pas à tous les enfants et surtout aucune n’est une solution miracle. Mais leur existence raconte quelque chose d’important :
🌸 les humains n’apprennent pas tous de la même façon.
Et les enfants neuro-atypiques nous le rappellent souvent avec une intensité particulière.
Un enfant TDAH pourra parfois mieux réfléchir en mouvement qu’immobile sur une chaise pendant six heures.
Un enfant TSA pourra avoir besoin d’un cadre extrêmement prévisible pour se sentir disponible mentalement.
Un enfant à haut potentiel pourra décrocher profondément s’il ne trouve plus de curiosité, de complexité ou de sens.
Cela ne veut bien sûr pas dire que l’école classique est mauvaise.
D’ailleurs, beaucoup d’enfants atypiques y trouvent aussi leur place, parfois grâce à des enseignants extraordinaires qui adaptent, comprennent, encouragent et créent du lien malgré des classes souvent très chargées.
Mais cela signifie peut-être qu’il est devenu nécessaire d’accepter une idée simple :
🌸 un seul modèle ne peut probablement pas répondre à tous les cerveaux humains…et ce n’est pas grave.
Anthropologiquement, c’est même assez logique.
Les sociétés humaines ont toujours transmis les savoirs de multiples façons :
Par l’observation ,par le récit ,par le geste ,par l’expérience ,par le collectif , par la répétition ou par l’exploration libre.
L’école moderne a permis des avancées immenses :
L’accès au savoir , l’instruction massive , la protection , la transmission commune , l’ouverture culturelle.
🌸 Mais aujourd’hui, la diversité cognitive devient plus visible.
Et avec elle apparaît une question essentielle :
- comment permettre à davantage d’enfants d’apprendre sans avoir le sentiment d’être constamment « en défaut » ?
Le neuropsychologue Fabrice Bak rappelle régulièrement que les capacités d’un enfant ne dépendent pas uniquement de son intelligence, mais aussi de son attention, de sa régulation émotionnelle, de sa mémoire de travail ou encore de son environnement d’apprentissage. Autrement dit :
un enfant peut être capable… sans réussir dans tous les contextes et cela change énormément le regard porté sur lui.
🌸 Parce qu’au fond, le vrai sujet n’est peut-être pas :
« Quelle est la meilleure école ? » mais plutôt « Dans quel environnement cet enfant-là peut-il apprendre, grandir et rester vivant intérieurement ? »
Certains auront besoin d’un cadre très structuré, d’autres d’autonomie, d’autres encore d’un mélange des deux et parfois, il faudra changer plusieurs fois avant de trouver ce qui convient réellement. C’est parfois simplement une recherche d’ajustement humain.
La richesse des différentes formes d’enseignement existantes ne réside donc peut-être pas dans l’idée qu’une pédagogie serait supérieure aux autres, elle réside dans le fait qu’elles ouvrent davantage de portes. Et pour beaucoup d’enfants neuro-atypiques, avoir plusieurs portes possibles peut changer toute une trajectoire de vie.
Parce qu’apprendre autrement, parfois, cela veut simplement dire apprendre dans une langue que son cerveau comprend enfin.
Laisser un commentaire