
Les forces des personnes neuro-atypiques… et pourquoi on les a longtemps mal vues
Pendant longtemps, la société a posé un regard sur les neuro atypiques, qu’ils soient haut potentiel, ou appartenant au spectre autistique, à travers un prisme très particulier. La société cherchait à identifier des difficultés visibles, l’observation se faisait sur ce qui « dépassait » , en gros sur ce qui n’entrait pas dans la norme , littéralement = le plus grand nombre !
En fin de compte, le « repérage » se faisait surtout sur ce qui dérangeait les normes sociales !
Cette manière de voir ne sort pas d’un chapeau
Les premières recherches sur l’autisme, notamment celles de Leo Kanner et Hans Asperger dans les années 1940, portaient majoritairement sur des garçons (déjà ) dont les comportements étaient facilement identifiables. Les profils étudiés présentaient souvent des particularités très identifiables dans les interactions sociales, le langage ou les centres d’intérêt. Et ce modèle a longtemps servi de référence.
Et tout ce qui ne rentrait pas dedans… passait à côté.
En mode adaptation ……
Les filles et les femmes autistes ont souvent développé une autre manière de fonctionner. Elles, leur « truc » c’était plutôt d’observer, de mémoriser les codes sociaux pour mieux les reproduire , et ainsi passer inaperçues !
On appelle ça du camouflage social aujourd’hui !
La chercheuse Francesca Happé et ses collègues ont montré que ce camouflage permet d’éviter le rejet social, mais qu’il demande une énergie considérable. Une personne peut sembler à l’aise à l’extérieur, tout en étant profondément mal, épuisée à l’intérieur. Parce que jouer un rôle demande une énergie de dingue !
Cette adaptation explique pourquoi beaucoup de femmes ont été diagnostiquées tardivement, parfois à l’âge adulte.
Un regard anthropologique
Dans beaucoup de cultures, les filles sont encouragées très tôt à être tournées vers les autres, à en prendre soin , une bonne petite formation dès le plus jeune âge à s’oublier …Cette attente sociale renforce naturellement les stratégies d’imitation et d’adaptation.
Autrement dit, certaines compétences développées par les femmes autistes ont été interprétées comme normales… alors qu’elles étaient en mode camouflage !
Ce décalage entre ce qui est vu et ce qui est vécu explique en grande partie les incompréhensions du monde extérieur
Des forces bien réelles
Aujourd’hui, dieu merci, le regard évolue, doucement mais sûrement
Les professionnels ne se contentent plus d’observer les difficultés. Ils s’intéressent aussi aux capacités bien réelles qui les accompagnent
Le psychologue Tony Attwood explique que les personnes autistes peuvent développer une compréhension très pointue des systèmes, des émotions ou des détails, même si cette compréhension ne passe pas toujours par les mêmes chemins que chez les autres( les normo-pensants ou neurotypiques )
Dans le monde des neuro atypique,concrètement cela peut donner :
Une curiosité profonde qui pousse à explorer un sujet dans ses moindres détails, parfois jusqu’à l’expertise !
Une capacité à rester concentré longtemps sur ce qui passionne, un focus qui peut même faire oublier la notion du temps !
Une sensibilité émotionnelle qui permet de ressentir les choses avec intensité, autant dans l’agréable que le désagréable !
Une créativité nourrie par une vision différente du monde, des milliers de richesses de visions différentes !
Une attention aux détails qui rend certaines analyses très précises, certains profils sont des snipers de l’observation !
Une loyauté forte dans les relations importantes…parce que tout est plus intense
Et une authenticité qui ne sait pas se contenter des faux-semblants.
Ces caractéristiques font partie du fonctionnement des neuro atypiques, c’est à dire qu’ils le veuillent ou non, ils sont comme ça !
Et notre regard sur tout cela , alors ?
Le problème vient souvent du décalage entre ces particularités et les attentes sociales. Dans un environnement rigide, certaines différences deviennent des obstacles.…jugement à l’emporte-pièce, manque d’empathie…
Dans un environnement adapté, ces mêmes différences deviennent des ressources…soutien, tentative de compréhension de l’autre, accompagnement adapté
C’est pour cela que le diagnostic change parfois tout, parce qu’il ne transformera la personne neuro atypique , mais il va permettre une nouvelle grille de lecture !
Et quand on a le mode d’emploi, en général ça fonctionne tout de suite beaucoup mieux !
💜 Ce qu’on oublie trop souvent
Une personne neuro-atypique ne cherche pas à être différente, elle est bien souvent prise entre deux émotions, celle de vouloir s’intégrer et celle de vouloir crier au monde que bien malgré elle, elle ne fonctionne pas de la même façon ! Elle a essayé ! Tous les neuro atypiques ont essayés, et ils en ont généralement beaucoup souffert !
Quand on reconnaît ses besoins, ses rythmes et ses manières de fonctionner, quelque chose se stabilise enfin en soi, la paix d être soi , peut être 😉
L’énergie qui était utilisée pour s’adapter peut enfin être utilisée pour créer, comprendre, aimer, construire, vivre tout simplement
En résumé
Les personnes neurodivergentes ne manquent pas de compétences, par rapport aux personnes normés, elles ont simplement développé des compétences différentes et plus on apprend à les reconnaître, plus on découvre que ce qui semblait être bizarre, à côté de la plaque, était simplement une autre manière d’être au monde.
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