NEURO-ATYPIE ET MONDE DU TRAVAIL

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Neurodivergence & monde du travail : quand l’inclusion dépasse les belles intentions

Et si le problème n’était pas la personne, mais l’environnement ?

Aujourd’hui, la notion de neurodiversité émerge peu à peu dans les discours publics, les médias, les entreprises… Et pourtant, dans les faits, l’inclusion professionnelle des personnes neuro-atypiques reste encore très loin d’être acquise.

🌸🌸Des talents invisibles… ou ignorés ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

– Plus de 75 % des personnes autistes sont sans emploi, et certaines sources parlent même de 95 % de chômage dans cette population.

– Les personnes TDAH, dyslexiques, dyspraxiques ou HPI vivent aussi des parcours professionnels souvent fragmentés, douloureux ou marqués par une suradaptation constante.

Non pas par manque de compétences , bien au contraire , mais parce que le monde du travail reste majoritairement calibré pour des cerveaux “normés”, qui savent naviguer dans les codes implicites, les réunions bruyantes, les non-dits hiérarchiques ou les injonctions à la flexibilité… cognitive.

☀️☀️Quelques exemples concrets (et fréquents) :

– Julie, 32 ans, autiste sans déficience intellectuelle, a passé dix entretiens sans succès. Pourquoi ? Parce que son regard fuyant et ses réponses trop factuelles ont été interprétés comme un manque de motivation.

– Marc, 42 ans, TDAH non diagnostiqué pendant 30 ans, a été licencié pour « désorganisation chronique ». Il excellait pourtant dans la résolution de crises urgentes… mais échouait à rendre les comptes-rendus à temps.

– Amina, dyslexique, s’est vu refuser un poste en raison de fautes dans sa lettre de motivation. Pourtant, elle aurait pu briller en gestion humaine et en communication verbale, ses deux grandes forces.

🌸🌸Ce que vivent les neuroatypiques au travail

  • La sur-adaptation :
    Beaucoup “jouent le jeu” de la normalité. Ils s’appliquent à camoufler leurs besoins, à cacher leur fatigue sensorielle, à faire semblant de comprendre les consignes floues. Résultat ? Un épuisement silencieux, un risque de burn-out élevé, et un sentiment croissant d’illégitimité.
  • Le camouflage (aussi appelé “masking”) :
    Sourires forcés, phrases toutes faites, réponses calibrées… Dans les open-spaces ou les réunions, il faut sans cesse se faire passer pour quelqu’un d’autre, jusqu’à ne plus savoir qui on est vraiment.
  • Des portes fermées à cause du CV :
    Un parcours en zigzag, des trous dans les expériences, des formations multiples ou des reconversions fréquentes sont encore souvent vus comme un manque de fiabilité. Alors qu’ils sont parfois le signe d’une quête de sens… ou de survie mentale.

🟢 Et si on faisait autrement ?

Des initiatives commencent à émerger, comme celle de la plateforme Autypik, ou d’entreprises qui adaptent enfin leurs recrutements, leurs consignes, leurs espaces de travail. C’est un début. Mais ce n’est pas suffisant.

Ce qu’il faut changer en profondeur :

-La communication : plus claire, plus concrète, plus directe. Exit les sous-entendus, place à la transparence.

-Les espaces de travail : avec des zones calmes, la possibilité de télétravailler, des pauses prévues et respectées.

-Le temps et le rythme : comprendre que tout le monde n’a pas la même horloge cognitive. Certains brillent tôt le matin, d’autres dans l’hyperfocus nocturne.

-La culture du feedback bienveillant : où l’on demande à la personne ce dont elle a besoin, sans supposer à sa place.

💜 Et surtout : changer le regard

Les personnes neurodivergentes ne sont pas des exceptions à tolérer, mais des forces à reconnaître. Beaucoup d’entre elles développent une hyperlucidité, une créativité atypique, une capacité d’analyse transversale, une mémoire impressionnante, ou une hyperempathie qui les rend précieuses dans le travail d’équipe, la gestion de crise, l’innovation, ou le lien humain.

Mais pour cela, il faut arrêter de leur demander de “rentrer dans le moule”.
Parce que parfois, le moule est bien plus cassant que celles et ceux qu’il prétend modeler.

🌻En résumé :

  • L’inclusion des neuro-atypiques ne se joue pas sur un discours mais sur des pratiques.
  • Mieux les comprendre, c’est mieux travailler avec eux, recruter autrement, manager plus humainement.
  • C’est aussi une opportunité de créer un monde du travail plus respirable pour tous, atypiques ou pas.

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