
💜💜 Le syndrome de Peter Pan
Ce qui se joue en profondeur , et pourquoi il touche si souvent les neuro-atypiques
🌸 Introduction
Il existe chez certaines personnes une difficulté à “grandir” totalement, à prendre leur place d’adulte, à assumer leurs besoins, leurs émotions, leurs choix.
Ce n’est pas de l’immaturité.
Ce n’est pas un défaut.
C’est un mécanisme de survie intérieur, souvent très ancien.
On appelle cela le syndrome de Peter Pan, d’après l’ouvrage fondateur de Dan Kiley (The Peter Pan Syndrome, 1983), qui décrit cette posture psychique comme une protection contre la blessure primitive : être trop tôt laissé seul dans le monde, trop vite exposé à des responsabilités émotionnelles impossibles à porter.
Et c’est un mécanisme qu’on retrouve très souvent chez les neuro-atypiques.
« Le syndrome de Peter Pan n’est pas un diagnostic médical officiel, mais un modèle explicatif proposé par plusieurs cliniciens pour comprendre certaines dynamiques intérieures. »
☀️ 1. D’où vient le syndrome de Peter Pan ?
Selon Dan Kiley, il s’agit d’un ensemble de stratégies inconscientes pour éviter la souffrance du passage à l’âge adulte, passage vécu comme dangereux ou injuste.
Allan Peterkin, psychiatre canadien, le décrit comme :
« Un refus de renoncer à la magie, parce que le réel n’a jamais été suffisamment sécurisant pour s’y abandonner. »
Le mécanisme est clair :
- si l’enfance a été instable, non contenante, ou émotionnellement bancale,
- l’adulte garde un pied ailleurs, dans un monde possible, imaginaire, intérieur.
Un endroit où il peut encore se protéger.
☀️ 2. Pourquoi les neuro-atypiques y sont particulièrement sensibles
Plusieurs raisons convergent :
🟢 Un monde intérieur extrêmement riche
Les neuro-atypiques vivent avec un imaginaire intense.
Boris Cyrulnik le rappelle :
« Quand l’environnement n’est pas fiable, l’enfant se fabrique un refuge invisible. »
Refuge = Neverland.
🟢 Une hyperlucidité très précoce
Voir trop tôt les incohérences du monde adulte crée une forme de désillusion prématurée.
Comme le dit Alice Miller, l’enfant “trop conscient” cesse de faire confiance au monde extérieur.
Résultat :
l’adulte reste “entre deux”.
🟢 Un besoin viscéral de lien sincère
Les neuro-atypiques recherchent l’authenticité beaucoup plus tôt que les autres.
Or, le monde adulte est rempli de compromis, de codes, de filtres.
Alors, ils reculent.
Ils temporisent.
Ils gardent une partie d’eux “ailleurs”.
Comme le diraient les psys systémiciens :
« On ne fuit pas l’âge adulte. On fuit l’absence de sens. »
🟢 Une histoire personnelle qui manque parfois de repères fondateurs
Et là, on rejoint l’ethnopsychiatrie (Devereux, Nathan).
Pour les personnes issues de migrations, d’adoptions, de ruptures familiales, de secrets ou de manque d’histoire originelle…
le “passage adulte” pose un problème symbolique :
on ne peut pas se projeter dans l’avenir quand on ne connaît pas son passé.
On devient alors un adulte…
… qui n’a jamais vraiment eu “d’enfance complète”.
☀️ 3. Le mécanisme intérieur du syndrome de Peter Pan
Loin des clichés, voici ce que disent les spécialistes :
🟢 C’est un refus de mourir psychiquement
“Grandir” est vécu comme perdre une partie essentielle de soi :
- la créativité
- la liberté
- la magie
- le droit de rêver
- la protection imaginaire
Selon Dan Kiley, ce n’est pas de l’immaturité , c’est une peur existentielle.
🟢 C’est un système de protection
Jean-Pierre Winter (psychanalyste) parle d’un
“repli stratégique pour ne pas être blessé une seconde fois”.
Ce n’est pas ne pas vouloir grandir,
c’est ne pas vouloir revivre la chute.
🟢 C’est un écart entre l’âge extérieur et l’âge intérieur
Donald Winnicott expliquait que chacun possède un “faux-self” :
le visage qu’on présente au monde.
Le vrai soi, lui, nage quelque part entre 7 et 17 ans.
Et il a besoin d’être retrouvé.
☀️ 4. Quand Peter Pan rencontre la neuro-atypie
Là, c’est passionnant.
Le neuro-atypique a souvent :
- un imaginaire fertile
- une émotivité vive
- un sens profond de l’injustice
- une identité en construction permanente
- et, est une chercheuse ou chercheur de sens
Alors, le monde intérieur devient un abri précieux.
Peter Pan n’est pas un évitement.
C’est :
- un lieu de réparation
- un espace de réconfort
- un endroit de cohérence
- un refuge identitaire
La personne n’est pas incapable de grandir :
elle cherche « un adultescent », une maturité qui ne détruit pas sa magie.
🟢 5. Comment on avance ?
D’après les cliniciens sérieux :
- 1. Nommer l’enfant intérieur sans moquerie
Comme le dit Serge Tisseron :
« Ce que l’on nomme, on le libère. »
- 2. Créer un récit fondateur (même symbolique)
Ethnopsychiatrie pure.
On devient adulte quand on a une histoire intérieure.
- 3. Apprendre une sécurité relationnelle
Replacer la confiance dans un lien réel, solide, présent.
- 4. Autoriser la magie sans y rester coincé
Conserver l’imaginaire, mais comme une force , pas un refuge unique.
- 5. Faire du sens un moteur plutôt qu’une quête infinie
Viktor Frankl :
« Ce n’est pas le sens que nous cherchons.
C’est la direction qui nous permet d’avancer. »
- 6. Réconcilier les deux âges : l’enfant et l’adulte
C’est le cœur du travail intérieur.
💜 6. Conclusion
Le syndrome de Peter Pan n’est pas une fragilité.
C’est une intelligence du cœur qui a survécu comme elle a pu.
Et chez les neuro-atypiques, il révèle souvent :
- un besoin d’histoire
- un besoin de sens
- et une immense capacité à se réinventer
Peter Pan n’est pas un refus de grandir.
C’est une promesse :
ne jamais perdre la part de soi qui savait encore rêver.
🦓🦓🦓 Penses à t’abonner à ma newsletter ici ⬇️
Laisser un commentaire