
J’aime quand un texte me bouscule. Parce qu’au fond, ce qui paraît illisible en poésie… me rappelle la beauté des cerveaux atypiques. Différents, oui. Mais profondément créatifs et humains.
💜Quand la poésie ressemble à un cerveau atypique 💜
Ouvre un livre de poésie, et tu t’attends peut-être à des vers jolis, clairs, qui coulent comme une chanson. Mais parfois, tu tombes sur un texte étrange : les mots sont cassés, les phrases n’ont pas l’air de tenir debout, ça répète, ça dérive, ça bégaye. Tu te dis : « Mais c’est illisible ! »
Et pourtant… Ces écritures bizarres ressemblent souvent à la manière de penser ou de parler des personnes neuro-atypiques — c’est-à-dire celles dont le cerveau fonctionne différemment de la majorité (autisme, TDAH, haut potentiel, troubles du langage, etc.).
☀️Quand l’illisible devient style
Trois auteurs du XXᵉ siècle ont marqué l’histoire avec ce type de textes « impossibles » :
👉 James Joyce (dans Finnegans Wake) mélange sons et mots inventés. Lire ses pages, c’est trébucher sans arrêt : on doit ralentir, reprendre, accepter de ne pas tout comprendre. Ça ressemble aux disfluences (bégaiements, répétitions) qu’on retrouve dans certains profils atypiques.
👉 Gertrude Stein (dans Tender Buttons) change de sujet en plein milieu d’une phrase. Ça saute d’une idée à l’autre comme le ferait une pensée en arborescence ou une attention dispersée façon TDAH.
👉 Hannah Weiner (dans ses Code Poems et ses journaux clairvoyants) écrit comme si toutes ses voix intérieures s’imprimaient directement sur la page. Résultat : un texte qui déborde, qui interrompt, qui brouille.
Ces techniques, autrefois accusées d’être « folles » ou « hystériques », sont aujourd’hui reconnues comme des innovations géniales.
🌻Ce que la poésie nous apprend du cerveau
Ce qui est vu comme un « défaut » dans la vie quotidienne (se disperser, répéter, parler en zigzag) devient, en littérature, une force artistique.
- La répétition peut donner du rythme.
- L’interruption peut surprendre et captiver.
- Le débordement peut créer une impression de vie brute, intense.
Autrement dit : les symptômes d’hier deviennent les styles d’aujourd’hui.
🌸 Et du côté français ?
Des professionnels en France expliquent très bien ce lien entre pensée atypique et créativité.
- La psychologue Jeanne Siaud-Facchin (spécialiste des hauts potentiels) décrit la pensée en arborescence : une idée en appelle une autre, puis une autre encore, comme les branches d’un arbre. Cela peut donner des phrases qui partent dans tous les sens… mais qui, vues autrement, ressemblent à de la poésie vivante.
- Le neuropsychologue Fabrice Bak souligne que beaucoup d’enfants et d’adultes atypiques utilisent des détours linguistiques : ils inventent des métaphores, des jeux de mots, des chemins imprévus. Ce qui gêne parfois à l’école ou au travail devient une vraie richesse créative.
- La psychanalyste Monique de Kermadec insiste, elle aussi, sur la sensibilité et l’intensité artistique de ces esprits hors normes, souvent capables de voir la beauté là où les autres passent à côté.
🌈 Pourquoi ça nous concerne tous
Lire ces poèmes étranges, c’est comme emprunter un instant les lunettes d’un cerveau atypique. Oui, c’est déstabilisant. Oui, on peut se sentir perdu. Mais c’est justement dans ce décalage qu’on apprend quelque chose d’essentiel : il existe mille façons de penser, et chacune a sa valeur.
En art comme dans la vie, ce qui paraît « cassé » n’est pas forcément à réparer. C’est parfois une autre manière d’être beau, intense, créatif.
☀️🦓🦓 Une invitation très personnelle
C’est exactement ce que je propose avec Organizèbre : aider chaque personne atypique à voir que ses “bizarreries” ne sont pas des obstacles, mais des trésors. Comme en poésie, nos pensées en zigzag, nos répétitions, nos intensités, peuvent devenir des forces à apprivoiser et à offrir au monde.
Parce que, finalement, ce qui nous rend différents est aussi ce qui nous rend puissants.
🌸Conclusion finale
« Et si nos différences étaient justement les pages les plus précieuses de notre histoire commune ? »
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