
💜Neurodivergents et alimentation : au-delà des clichés, que montrent les données ?
☀️1. Ce qu’on croit souvent (et ce qui est faux)
Quand on parle de nourriture et de personnes “différentes” (autistes, HPI, TDAH, etc.), on entend parfois :
• « Ils chipotent parce qu’ils veulent attirer l’attention »
• « Ils font exprès de contrôler leur corps »
• « Ils devraient juste manger normalement »
👉 En vrai, ce n’est pas du tout si simple. Les recherches montrent que le cerveau, les sens et les émotions jouent un rôle énorme dans la manière de manger.
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☀️2. Les troubles alimentaires, c’est quoi ?
Les plus connus sont :
• L’anorexie : quand une personne se restreint tellement qu’elle met sa santé en danger.
• La boulimie : quand elle mange beaucoup en cachette puis culpabilise.
• L’hyperphagie : quand elle mange trop souvent pour calmer une émotion.
• L’ARFID : quand ce n’est pas une question de poids, mais de peur des textures, des odeurs ou de l’expérience de manger.
🟢 Exemple concret : une étude française dit qu’environ 1 ado sur 4 vit un rapport compliqué avec la nourriture à un moment de son adolescence.
☀️3. Pourquoi c’est plus compliqué chez les neurodivergents
🟣a) Les sens en mode “sur-puissance”
Certain·es sentent les goûts et les odeurs x10 plus fort.
• Exemple : le yaourt à la fraise que tout le monde adore peut leur sembler chimique, gluant, insupportable.
• Résultat : ils ne mangent que 3–4 aliments “refuges” (pâtes natures, pain, riz).
🔵b) L’interoception (ou le “radar interne”)
C’est la capacité à sentir ce qui se passe à l’intérieur de son corps : faim, soif, fatigue.
• Certaines personnes ND ne sentent pas la faim. Elles réalisent à 16h qu’elles n’ont rien avalé.
• D’autres ne sentent pas la satiété. Elles mangent sans s’arrêter, puis ont très mal au ventre.
🟡c) Les routines et les règles
Changer de marque de pâtes ? Impossible.
Manger dans une autre assiette ? Stress total.
👉 Pour le cerveau, ces routines créent une sécurité. Si on les casse, c’est comme arracher une ceinture de sécurité en pleine voiture.
🟠d) La vie sociale
• À la cantine, on peut se faire remarquer parce qu’on trie tout.
• Dans les soirées, refuser un gâteau devient un malaise.
Résultat : certaines personnes préfèrent éviter les repas sociaux plutôt que d’affronter les regards.
☀️4. Autisme et anorexie : un duo à risque
Des chercheurs ont remarqué que certaines filles autistes sont plus à risque d’anorexie.
• Pas seulement à cause du poids, mais aussi à cause de la rigidité mentale : une fois qu’elles se fixent une règle (“je ne mange plus que 600 calories”), elles peuvent la suivre avec une discipline de fer.
• Même quand elles reprennent du poids, certains traits autistiques (difficultés sociales, rigidité) restent présents.
☀️5. Concrètement, comment aider ?
🟣a) Observer sans juger
• Si ton pote ne mange que du pain et du fromage, ça ne veut pas dire qu’il fait un caprice. Ça peut être la seule combinaison qu’il tolère sensoriellement.
🔵b) Trouver des compromis
• Exemple : garder un aliment refuge à chaque repas (pâtes nature) + ajouter une micro-bouchée découverte (un petit pois, un morceau de poulet). Pas plus, pas moins.
🟡c) Apprendre à “écouter son corps”
• Avant le repas : se demander “J’ai faim ou pas ? J’ai la bouche sèche ? J’ai mal au ventre ?”
• Après : noter si on se sent plus énergique, fatigué, ou ballonné.
👉 C’est comme apprendre une nouvelle langue : au début on ne comprend rien, puis on reconnaît des mots, puis des phrases.
🟠d) Routines adaptées
• Préparer la table toujours de la même manière peut rassurer.
• Manger à plusieurs avec un timer (20 minutes) peut aider à structurer sans pression.
🟤e) Chercher de l’aide professionnelle tôt
Un médecin, un psy spécialisé TCA, un diététicien qui connaît l’autisme ou le TDAH.
• Comme pour une cheville cassée : tu ne continues pas à marcher dessus en attendant que ça passe.
☀️6. Messages essentiels à retenir
• Les troubles alimentaires ne sont pas des “caprices”.
• Les personnes neurodivergentes peuvent ressentir la faim et la nourriture autrement.
• On peut apprendre des stratégies pour manger en respectant ses besoins sensoriels et sociaux.
• L’important, ce n’est pas de “manger comme tout le monde”, mais de trouver un chemin vers la santé et la sécurité.
- Question à se poser (même à 12 ans) :
👉 Est-ce que je mange parce que j’ai faim, ou parce que je stresse ?
👉 Quel aliment me rassure quand je n’ai envie de rien ?
👉 Quel micro-défi je pourrais tester cette semaine ?
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